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Repenser son modèle socio-économique à l’aune de la robustesse

9 juin 2026

 

  • L'atelier « Repenser son modèle socio-économique à l'aune de la robustesse » s'est déroulé le 9 juin 2026 au TU-Nantes dans le cadre de la Journée d'Assemblée générale et de rencontres professionnelles organisée par le Pôle spectacle vivant
  • Atelier conçu et animé par Manuel Ibanez – Écologue et géographe de formation qui accompagne les territoires vers plus de coopération. Membre de l’Institut Michel Serre et du collectif larobustesse.org

 

L’idée de cet atelier était d’explorer la notion de robustesse et de réfléchir ensemble en quoi ce regard décalé pouvait questionner les modèles socio-économiques des organisations.

Dans un premier temps, un exercice de construction de tours avec des kaplas (voir ci-dessous le lien vers la méthode d’animation détaillée) a permis d’illustrer les grands principes :

  • être particulièrement performant peut devenir une fragilité lorsque le contexte devient très fluctuant ;
  • pour devenir plus robustes face au fluctuations il faut étendre ses marges de manœuvres, accepter une certaine dose de sous-optimalité (lenteur, redondance, hétérogénité…), avoir le souci de la santé commune, développer la coopération.

Cela nous a permis de poser quelques éléments de définition.

La définition aujourd’hui la plus communément utilisée de la performance est la somme de l’efficacité (atteindre son objectif) et de l’efficience (avec le moins de moyens possibles). L’action pour gagner en performance s’appelle l’optimisation. La robustesse définie dans son sens dynamique est la capacité de rester stable à court terme et viable à long terme malgré les fluctuations.

Cela nous a amené à explorer un cheminement possible pour « enrobuster » nos organisations :

  • en préalable : reconnaître qu’on est entré dans un monde très fluctuant et dans une société qui a développé un véritable culte de la performance
  • puis se préoccuper de rester stable à court terme : en reconnaissant et valorisant ce qu’on appelle les « déjà-là » robustes, en élargissant ses marges de manœuvres (par de la redondance et de l’hétérogénéité notamment, en travaillant les changements par les marges) et questionner et se détacher de nos espaces de sur-optimisation (parfois qu’on nous impose)
  • enfin travailler la viabilité à long terme en prenant comme boussole la santé commune (santé des individus ET santé sociale ET santé des milieux naturels) et comme pratique la coopération.

A partir de ces éléments nous avons pu échanger sur ce que çà évoquait dans les métiers du spectacle vivant. Il a notamment été souligné un certain nombre de « déjà-là robustes » dans ce secteur avec notamment une grande capacité de créativité et une envie forte d’essayer de sortir des rails. Dans les fragilités identifiées, on a discuté de la dynamique d’institutionnalisation qui a peu à peu limité l’exploration de nouvelles pistes et surtout de l’isolement qui reste très fort dans ce secteur.

L’enjeu de coopération apparaît comme une piste à creuser. Comme constituer des écosystèmes coopératifs en amenant de l’hétérogénéité dans les profils, les approches, les métiers, les secteurs. On a pu évoquer l’idée que le milieu « culturel » pouvait être à l’échelle
de la société cette fameuse marge qui - comme dans les murmurations d’étourneaux - était en capacité de bien identifier les fluctuations extérieures et de faire changer de direction le groupe entier en créant un mouvement de l’extérieur vers le cœur. C’était une valeur en soi le fait de pouvoir questionner les questions, apporter de la créativité, imaginer des inversions… Et en s’associant avec des acteurs très hétérogènes, qui ont conscience de ce besoin mais ne savent pas comment s’y prendre, des nouveaux modèles de coopération pouvaient être imaginés.

Transformer ses modèles et ses organisations avec les lunettes de la robustesse n’est pas une solution clé-enmain, c’est un cheminement qui invite à tisser de nombreux liens avec la joie comme meilleur des indicateurs.